28ème Sem/ Temps Ord/C
2 R 5,14-17; Ps 98(97); Tm 2,8-13; Lc 17,11-19
Dans la Bible, la lèpre n'était pas seulement une maladie de peau. Elle signifiait un rejet social complet : isolement, honte et peur. Les lépreux devaient vivre en dehors de la ville, crier « Impur ! Impur ! » (Lévitique 13, 45) et ne s'approcher de personne.
Cependant, dans notre première lecture, nous voyons Naaman, un général syrien, guéri de sa lèpre. En retour, il a donné une réponse puissante ! Une profonde déclaration de foi et la promesse de n'adorer que le Seigneur qui l'avait guéri. C'est un bel exemple d'un cœur débordant de gratitude.
Si les 10 lépreux sont guéris, il n’y en a qu’un à être sauvé dit l’évangéliste. A celui-là Jésus dit : « ta foi t’a sauvé ». C’est donc que les 9 autres ne sont pas sauvés !
Ils sont guéris de la lèpre, que leur manque-t-il encore ?
Que s’est-il passé dans la tête du 10ème qui n’a pas eu lieu dans la tête des 9 autres et que Jésus appelle la foi ?
Essayons de comprendre un peu en partant d’un petit exemple :
Il nous arrive souvent lorsque nous donnons quelque chose à un enfant, avant de lâcher l’objet, on l’interpelle : « qu’est-ce qu’on dit ? » Et l’enfant répond : « MERCI ».
Pourquoi voulons-nous lui arracher ce petit mot ? Par politesse ? Peut-être, mais aussi pour bien plus que ça.
Nous exigeons ce « merci » parce que nous savons que très tôt l’enfant est capable de sortir de lui-même et de prendre conscience que ce qu’on lui donne ne tombe pas du ciel, il est le fruit d’une amitié, d’un amour.
Au-delà donc d’une simple marque de politesse, ce petit mot « MERCI » ouvre l’enfant à une relation supérieure et qui a une valeur bien plus grande que l’objet reçu.
Sans le merci, le don reste une démarche vide, il ne débouche sur rien. Une fois le caramel avalé, il ne reste rien. Mais grâce au « MERCI », une fois le caramel avalé il lui reste l’essentiel, c’est-à-dire une relation aimante qui peut devenir éternelle.
Ce qui est vrai pour nos relations humaines l’est bien plus encore vis-à-vis de Dieu.
Tous, que nous soyons bons ou méchants, nous recevons tout de Dieu. Nous ne sommes pas notre propre origine ni même le fondement de nos œuvres. Nous ne sommes pas devant un distributeur automatique, mais devant quelqu’un qui souhaite, qui attend que nous entrions dans ce processus de relation et d’échange éternel d’amour.
Le merci de cet étranger, non seulement l’a guéri de sa lèpre mais l’a introduit dans une communion d’amour avec un Dieu qui sera désormais pour lui son meilleur ami.
Nous comprenons ainsi que loin de diminuer, d’abaisser ou d’humilier celui qui reçoit, le MERCI, au contraire le sauvera du risque de dépendance ou du danger de soumission et le fera grandir parce-que désormais cette rencontre nouvelle sera pour lui source de bonheur.
Dieu miséricordieux, nous élevons nos cœurs dans la gratitude pour tes bénédictions infinies et ton amour inébranlable. Ouvre nos yeux pour que nous reconnaissions chaque don, et libère-nous de tout esprit de droit acquis. Remplis-nous d'un profond sentiment de reconnaissance, afin que nous puissions toujours revenir vers toi dans la louange et approfondir notre union avec toi. Nous te le demandons par le Christ notre Seigneur. Amen.
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