Saint Sacrément du Corps
et du Sang du Christ
Dt 8,2-3.14b-16a; Ps 147; 1Cor 10,16-17; Jn 6,51-58
La fête du corps et du sang de Jésus ! Autrefois on l’appelait la fête du St Sacrement. Voilà un vocabulaire un peu étrange qui n’est utilisé qu’en religion. Mais qu’est-ce qu’un sacrement ? Même si nous avons eu des cours de religion, nous serions probablement embarrassés de répondre. Le mot « sacrement » signifie « mystère ». Or en langue française, un mystère c’est quelque chose de caché que l’on ne peut connaître. Mais, pour les grecs, le « mystère », le « sacrement » avait une signification différente. Le mystère est ce que l’on peut connaître d’une réalité inaccessible.
La Bible regorge de moments où Dieu nourrit son peuple. De la manne dans le désert au pain donné à Élie, Dieu se révèle comme celui qui nourrit et soutient la vie. Lorsque Dieu nous nourrit, nous recevons de la force. Lorsque nous choisissons d’autres sources, nous perdons notre chemin. Dans le jardin d’Éden, l’humanité a fait le mauvais choix et en a subi les conséquences. Mais en Jésus, Dieu nous donne une nouvelle nourriture, la nourriture de la rédemption, l’Eucharistie.
Jésus ne donne pas simplement du pain. Il se donne lui-même. Dans l’Évangile, il dit clairement : « Je suis le pain vivant qui est descendu du ciel. Celui qui mange ce pain vivra éternellement. » Ce n’est pas seulement un langage symbolique. L’Église enseigne et croit en la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie. À chaque messe, le pain et le vin deviennent véritablement le Corps et le Sang du Christ. C’est ce que nous appelons la transsubstantiation. C’est le plus grand don fait à l’Église, car c’est le Christ lui-même.
Tout au long de l’histoire du salut, les repas ont été des moments de rencontre avec Dieu. Le repas de la Pâque a préparé les Israélites à la libération. La manne les a nourris dans le désert. Jésus a nourri des milliers de personnes affamées. Tout cela nous conduit à l’Eucharistie, où Dieu non seulement nous nourrit, mais demeure avec nous. L’Eucharistie n’est pas un simple souvenir d’un événement passé, mais la présence vivante du Christ parmi nous. Dans l’Eucharistie, le ciel touche la terre, se rencontre.
Cette fête nous invite non seulement à recevoir, mais aussi à adorer. Si nous croyons vraiment que Jésus est présent dans l’Eucharistie, alors nos cœurs doivent répondre par la révérence, l’amour et la dévotion. L’adoration eucharistique n’est pas une pratique facultative. C’est une réponse naturelle à la présence du Christ. Lorsque nous nous agenouillons devant l’Eucharistie, nous sommes devant Jésus lui-même, corps, sang, âme et divinité.
En résumé chers frères et soeurs: célébrer l’eucharistie, prendre part au repas de la pâque, n’a de sens que si comme Moïse et ensuite comme Jésus, (1) nous nous mettons en marche d’abord pour travailler à la libération des multiples esclavages qui oppriment tous les humains, et ensuite (2) que nous nous engagions à constituer ensemble un peuple nouveau, une humanité nouvelle régie par la seule et unique loi d’amour.
Cette semaine, cultivons les vertus de la révérence envers l’Eucharistie, de la soif de Christ, de la gratitude pour sa présence et de la charité envers les autres. Plus nous recevons le Christ, plus nous sommes appelés à devenir comme lui et à nous donner dans l’amour.
Bonne fête de Saint Sacrement
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