Homélie du Père B. du 24/05/2026

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Temps Pascal
Pentecôte 8ème Sem/Pâques
Ac 2,1-11 ; Ps 103 ; 1Cor 12, 3b-7.12-13 ; Jn 20,19-23

La fête de la Pentecôte est aussi ancienne que la fête de Pâques. L’une et l’autre existaient déjà bien avant Jésus. Lors de la pâque, les juifs célébraient la libération de l’esclavage en Egypte tandis qu’à la pentecôte ils célébraient l’alliance conclue au Sinaï entre Dieu et son peuple. C’est au Sinaï en quelque sorte qu’est né le peuple élu, le peuple choisi par Dieu.
Il est très facile de faire le parallèle entre la pentecôte juive et la pentecôte chrétienne parce que nous y retrouvons les mêmes symboles. Au Sinaï, Yahvé intervient dans le feu et le fracas du tonnerre. Ici « c’est dans un bruit pareil à un violent coup de vent » et c’est une sorte de feu qui se partage et se pose sur chacun des disciples. L’Esprit Saint s’empare de cette poignée d’hommes et de femmes pour en faire la cellule initiale du nouveau peuple de Dieu auquel on donnera plus tard le nom d’Eglise.

« Les apôtres avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient par peur des juifs ». En s’enfermant à double tour, ce n’est pas seulement leur corps qu’ils enfermaient mais aussi leur esprit.
Je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec une personne qui était sortie d’une forte dépression et qui m’expliquait : « Le drame de ma dépression, me disait-elle, c’est que j’étais enfermée en moi-même sans pouvoir en sortir. C’était comme si tout en moi était verrouillé. Je ne voyais plus les belles choses, je n’entendais plus les paroles d’amitié, je ne pouvais plus poser un geste pour les autres. Et ce qui me rendait encore plus mal, c’est que j’avais tout pour être heureuse. On ne manquait pas d’ailleurs de me le dire, je n’avais rien pour justifier ma déprime. Jusqu’au jour où il y a eu un déclic en moi : j’ai osé sortir, aller au-devant des autres. C’était un peu comme si on ôtait un couvercle, ouvrait la porte et les fenêtres de tout mon être. »

N’est-ce pas un peu l’expérience des apôtres ? Mettons-nous à leur place : ils devaient être pour le moins déprimés après l’échec de la mort de leur maître. A cela s’ajoutait la peur, non pas tellement la peur des représailles, mais pire que ça, la peur du « qu’en dira-t-on ?».
Imaginez donc, eux les apôtres, qui étaient si fiers de parader aux côtés de Jésus, qui se voyaient déjà ses ministres, les voici ridiculisés aux yeux de tous. Quelle tête allaient-ils faire en retournant dans leur village ? Qu’allait-on dire et penser d’eux ?
Jusqu’au jour où il y eut, non pas un petit déclic, mais un secouement énergique. Ils n’ont pas eu une petite étincelle mais une véritable flamme, un feu qui les a fait se lever. Ils ont compris que c’était l’Esprit, celui que Jésus leur avait promis.
C’était comme si des écailles étaient tombées de leurs yeux, comme si leur langue se déliait, comme si leur corps n’était plus enchaîné. Oui c’était bien l’Esprit de Dieu qui ouvrait la porte pour les faire sortir afin de conduire à son achèvement l’histoire de toute l’humanité.
Nous savons que depuis les origines, Dieu n’a cessé de se révéler comme celui qui veut libérer l’humanité de tous les esclavages, de toutes les peurs, de tous les enfermements qui paralysent.
L’Esprit de Dieu ne vient pas pour prendre notre place, il ne nous écrase pas, mais il vient ouvrir les portes et les fenêtres de tout notre être
- pour nous faire devenir vraiment nous-mêmes
- nous donner une audace sans mesure pour aller au-devant des autres
- et une imagination débordante, inventive, pour créer du neuf dans notre Eglise et notre monde.
Bonne fête de Pentecôte

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