Homélie du Père B. du 05/10/2025

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27ème dimanche du temps ordinaire/ C
Hc 1, 2-3 ; 2, 2-4 ; Ps 95, 1-2, 6-7, 8-9 ; 2 Tm 1, 6-8, 13-14. Luc 17, 5-10
« Seigneur augmente en nous la foi » ! Cette réflexion des apôtres me fait penser à un ouvrier ou un employé qui, à cause des conditions difficiles de travail, vient frapper à la porte de son patron pour réclamer une augmentation de son salaire.
De même sans doute, les apôtres effrayés par la tâche énorme qui les attend, voyant l’immense misère du monde à laquelle ils devront s’attaquer, se disent : « nous n’en sortirons jamais ! ». Alors ils viennent demander à Jésus une augmentation de foi. Ils la voudraient un peu plus solide, résistante, de meilleure qualité.
Et Jésus sur un ton un peu ironique leur répond : « La foi si vous en aviez gros comme un grain de moutarde… »
Nous aussi, comme les apôtres, nous aurions envie, devant l’ampleur de la tâche, les souffrances, les violences, les injustices, le mal… nous aurions envie de demander à Jésus de nous injecter une bonne dose de foi pour continuer à croire malgré tout, à vivre, à lutter.

Mais que veut nous dire Jésus en nous répondant : « Si vous aviez la foi… » ?
Jésus nous montre que croire ce n’est pas ce que nous pensons spontanément. Il ne faut pas confondre « foi » et « croyance ». La foi n’est pas une adhésion à des vérités ou à des dogmes. Elle ne fait pas disparaître nos questions, nos interrogations. Elle n’est même pas non plus une sorte de conviction plus ou moins profonde que l’on perd aujourd’hui pour la retrouver demain…
Mais alors qu’est-ce que la foi ?
La foi, ne part pas de nous-mêmes. Dieu en a l’initiative, elle est un don gracieux de Dieu. Ce qui signifie qu’elle est accueil et devient relation. La foi c’est reconnaître que nous recevons notre existence. C’est reconnaître que si nous sommes peu de choses devant l’immensité des problèmes du monde, nous sommes néanmoins capables de changer la face du monde, mais… avec l’Esprit de Dieu.
Ceci me fait penser à cette réponse de Mère Térésa à un journaliste qui lui demandait : « Quand vous voyez ces foules affamées, cela ne vous décourage pas ? » Mère Térésa répondit : « Je ne regarde pas les foules, je ne vois que des personnes. Je commence par la 1ère puis la 2ème et puis la 3ème… Si je regardais les foules je ne commencerais jamais…le Seigneur avec l’aide des autres, se charge du reste. »
Oui, il n’est pas facile de croire lorsque nous sommes témoins de tant de violence, d’intolérance même au sein de nos communautés chrétiennes… il est difficile de croire lorsque nous assistons impuissants au mépris flagrant des droits les plus élémentaires de l’Homme.
Mais si nous ouvrons les yeux, nous verrons que parfois très proches de nous, des hommes et des femmes ignorés et humbles, donnent leur vie jour après jour obscurément. Si nous ouvrons les yeux nous verrons l’effort discret et obstiné de tant d’hommes et de femmes pour que nos sociétés restent humaines ou le deviennent davantage.
La foi, la force de la foi est donc un accueil permanent, chaque jour renouvelé, une naissance perpétuelle et une création continue.
Chaque jour la foi nous est offerte, acceptons-la, non pour la mettre dans un coffret comme un trésor, car la foi ne se conserve pas, on ne peut se l’approprier, elle est une semence, une graine qui ne se garde qu’en grandissant, en se partageant.
Alors elle sera capable de déplacer les montagnes, nos montagnes d’indifférence, d’égoïsme, de paresse. Oui, avec un brin de foi, l’humainement possible pourra mystérieusement se réaliser.
QUE LE SEIGNEUR AUGMENTE EN NOUS LA FOI

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