Jn 4, 5-42
Libérer tout un peuple de l’esclavage, c’est une tâche bien trop grande pour un homme seul, même s’il s’appelle Moïse ! Il ne suffisait pas au peuple hébreu d’échapper aux égyptiens, il y a aussi tout un désert à traverser : épreuve tellement difficile et douloureuse que le peuple commence à regretter le temps de l’esclavage parce qu’au moins, en Egypte, il était assuré d’avoir à boire et à manger.
Au risque de sa vie, Moïse persiste à aller de l’avant et avec l’aide du Seigneur, il donne à boire au peuple mécontent.
Jésus que l’on appelle aussi « le nouveau Moïse », va se retrouver dans une situation semblable : il veut arracher son peuple de l’esclavage, non plus des égyptiens mais d’un esclavage plus pernicieux, un esclavage intérieur. Il veut en effet le libérer de toutes les contraintes imposées par les traditions et les religions.
Le récit de la samaritaine nous offre un bel exemple de ce désert, de cette frontière quasi infranchissable que Jésus va devoir traverser.
Devant lui se trouve une samaritaine !
-la première frontière infranchissable : il s’agit d’une femme.
Dans la société de l’époque, on ne s’adresse pas à une femme, elle n’a aucun statut. L’actualité nous montre suffisamment que cela existe encore dans beaucoup de pays aujourd’hui.
En toute liberté, Jésus va franchir cet obstacle et c’est lui qui, le premier, lui adresse la parole.
-Jésus affronte ensuite une 2ème frontière : il s’agit d’une femme à la vie sentimentale pour le moins tourmentée. 5 maris ! Elle devait être probablement une jolie dame qui faisait tourner toutes les têtes. En s’adressant à cette femme, Jésus prend le risque de perdre sa réputation.
-La 3ème frontière : cette femme est en plus une samaritaine. Frontière bien plus dure encore à franchir. Les samaritains adorent sur le mont Garizim et refusent le temple de Jérusalem.
Dans une liberté incroyable, d’un seul coup, Jésus va franchir tous les tabous séculaires. Et comme si ce n’était pas suffisant, il s’affiche comme demandeur : il a soif. Dieu a soif de l’homme !
Il aura fallu traverser tous ces obstacles pour qu’une rencontre soit possible. Une rencontre qui va faire passer très vite du besoin terre à terre à la foi profonde.
Il ne faudra pas longtemps à la samaritaine pour comprendre que Dieu n’est ni sur la montagne, pas plus qu’à Jérusalem, qu’à Rome ou à la Mecque ! Dieu ne se laisse enfermer dans aucune tradition ou religion.
La véritable adoration, en esprit et en vérité, n’est pas liée à un lieu mais à une manière de vivre, une manière de penser, réfléchir et d’infléchir sa vie jusque dans nos actions les plus concrètes.
Il n’y a pas d’un côté ceux qui savent, ont raison et de l’autre ceux qui sont dans l’erreur. La foi est pour tous un cheminement, une rencontre, un accueil de ce Dieu qui a soif de l’homme, ce Dieu qui nous donne l’eau vive, celle qui nous libère, pour sceller entre nous et avec lui une alliance d’amour.
BONNE CELEBRATION
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