Homélie du Père B. du 01/02/2026

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4ème Sem/ Temps Ord/A
So 2,3 ;3,12-13- ; Ps 145 ; 1Co 1,26-31 ; Mt 5,1-25a
Moïse gravit la montagne, le peuple l’attendait au pied. Dans un grondement de tonnerre il reçoit de Yahvé la loi qui va permettre aux hébreux de devenir un seul peuple, une seule nation. Ces tablettes de pierres sur lesquelles la loi était écrite, Moïse les brisa. Geste par lequel nous pouvons comprendre que Dieu ne veut pas écrire la loi sur la pierre mais dans les cœurs.
Aujourd’hui, Jésus, le nouveau Moïse, gravit la montagne mais plus seul ! Il entraîne derrière lui non pas des notables ou les gens en place, mais toutes ces femmes et ces hommes accablés par la dureté de la vie. Il n’est plus question ici de loi ou d’interdictions mais Jésus offre des consignes pour atteindre le bonheur. Un bonheur pas seulement pour l’au-delà mais pour aujourd’hui, un bonheur non pas réservé à tous ceux qui bénéficient déjà de tous les avantages mais un bonheur accessible même aux plus petits.

« Bienheureux les pauvres de cœur » : c’est-à-dire ceux qui reconnaissent qu’ils ne sont pas tout, qui laissent de la place aux autres. Heureux ceux qui ne se suffisent pas à eux-mêmes mais reconnaissent qu’ils ont besoin des autres.
« Bienheureux les doux » : c’est-à-dire ceux qui ont une telle force intérieure, ils ont une telle confiance qu’ils n’éprouvent pas le besoin d’écraser les autres ou de recourir à la violence, l’arme des faibles et de ceux qui ont peur.
« Bienheureux ceux qui pleurent » : Imaginez un monde sans larmes, où les autres seraient indifférents à nos tristesses et à nos deuils, un monde où les peines ne seraient pas partagées ! Oui, heureux ceux qui savent s’attendrir, partager le chagrin des autres et verser des larmes sur leurs souffrances.
« Heureux ceux qui ont faim et soif de justice » : Peut-on imaginer une société où ne règnerait que la loi du plus fort, une société sans revendication ni contestation, tous esclaves des puissants, sans respect ni reconnaissance de ce qu’il y a de sacré en chacun ?
« Heureux les miséricordieux » : la miséricorde est proche de la compassion et compatir c’est porter ensemble le poids de la faute et de l’erreur. Heureux celui qui ne s’érige pas en juge, n’accuse pas mais comprend la faiblesse, la fragilité et les erreurs des autres. Il sait que s’il avait été dans les mêmes conditions il aurait peut-être agi pareillement.
« Bienheureux les cœurs purs » : Est pur, ce qui est limpide, c’est-à-dire ici celui qui ne porte pas de masque, ne joue pas un personnage, n’a pas deux visages. Bienheureux ceux qui ne sont pas seulement une façade mais authentiquement eux-mêmes. Ils ne jouent pas la comédie mais leur cœur est transparent.
« Heureux les artisans de paix » : parce qu’ils reconnaissent dans le visage de l’autre le visage d’un frère, d’une sœur, tous fils et filles bien-aimés du Père.
« Bienheureux les persécutés pour la justice » : ils sont encore nombreux ceux et celles qui sont persécutés pour la justice, parce qu’ils ont choisi le parti des sans voix, des marginaux.
Heureux ceux qui se donnent du mal pour construire le Royaume. Nous savons que rien ne se fait sans peine. On apprécie beaucoup mieux et on éprouve plus de joie pour ce qu’on a construit en cohérence avec ses valeurs.

Ces béatitudes sont la nouvelle loi que Jésus propose, loi que nous devons prolonger, réinventer chacun personnellement. L’ancienne loi n’était que provisoire, elle est cassée comme les tablettes de Moïse, avec Jésus nous devenons les législateurs de la nouvelle loi, c’est à nous en effet de réinventer chaque jour, concrètement au fil des événements le commandement d’amour pour le bonheur de tous.

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