Homélie du Père B. du 04/01/2026

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Epiphanie du Seigneur
Mt 2, 1-12
On demande un jour à un musulman : « Que pensez-vous du ramadan ? »
Il répondit : « Il est d’abord un temps de repentir, il est bon au moins une fois l’an de reconnaître ses faux pas, mais ajoutait-il encore, le ramadan est aussi un moment particulier pour penser aux pauvres et partager avec eux. »
Lorsqu’on entend cette réflexion, ces musulmans qui nous font souvent peur, ne nous rejoignent-ils pas dans notre foi chrétienne ?
Serait-il possible, est-ce invraisemblable d’espérer qu’un jour tous les peuples, quelle que soit leur religion, se tournent vers un seul et même Dieu ?

Aujourd’hui en cette fête de l’Epiphanie, Dieu se manifeste justement comme étant le Dieu de tous les peuples.
Le problème c’est que nous les chrétiens, mais je pense qu’il en va de même pour toutes les autres religions, nous remplaçons le mot « Dieu » par le mot « religion », ce qui fait qu’au lieu de dire « Dieu est le Dieu de tous les peuples », nous disons plus facilement que « nous devons étendre notre religion à tous les peuples ».

Ecoutons ce que dit le prophète Isaïe : « Toutes les nations marcheront vers la lumière et les rois vers la clarté de ton aurore ». Quelle est donc cette lumière, cette clarté qui doit attirer vers elle toutes les nations ? Cette lumière nous la retrouvons dans l’Evangile : l’étoile des mages ! Et cette étoile où va-t-elle les conduire ? Au-dessus d’une étable. Et dans cette étable qu’y a-t-il ? Il y a un nouveau-né, un être fragile, un pauvre ! Là est Dieu.
Autrement dit, le seul Dieu qui peut rassembler tous les peuples qu’ils viennent d’orient ou d’occident, c’est le Dieu qui a pris visage de pauvre, qui a mis le pauvre et le faible au cœur de sa vie.

Si toutes les religions décidaient de quitter leurs temples faits de pierre, si tous les croyants décidaient d’établir leur temple dans les étables du monde et de se tourner vers les plus pauvres d’entre tous, toutes les guerres, en commençant par les guerres de religion cesseraient aussitôt.
Si tous les responsables religieux décidaient de ne plus d’abord essayer de sauver leur loi, leur tradition mais de sauver d’abord l’être humain, tous les exclus deviendraient des élus.

Si tous, nous renoncions à chercher Dieu dans la puissance, nous le découvririons dans la faiblesse des petits.
Si toutes les religions acceptaient de faire la guerre à l’injustice, le règne de Dieu serait universel.
Mais tant que le Dieu de l’étable sera méconnu, ignoré voire mépriser, les peuples continueront au nom de leur religion à se déchirer.

Dieu se trouve donc dans la faiblesse et cette faiblesse siège au fond de chacun d’entre nous. Voir les faiblesses, les manques, les défaillances des autres n’est-ce pas ce qu’il y a de plus facile ? Et bien c’est là que nous pouvons d’abord rencontrer Dieu, non pas que Dieu soit dans l’erreur, la faute ou la défaillance, mais il est là où l’on peut aider, faire grandir, faire avancer.

La tradition de l'Église nous dit que les trois cadeaux offerts par les mages, révèlent qui est Jésus : l'or, parce qu'il est roi ; l'encens, parce qu'il est Dieu ; et la myrrhe, parce qu'il allait donner sa vie pour toute l'humanité. Mais leur plus grand cadeau n'était pas l'or, l'encens ou la myrrhe. Leur plus grand cadeau était leur adoration. Ils se sont agenouillés devant l'Enfant et lui ont offert leur cœur. C'est l'antidote à l'esprit d'Hérode. Hérode cherchait à contrôler. Il cherchait à tuer l’enfant. Les mages se sont abandonnés. Hérode craignait de perdre son pouvoir. Les mages ont trouvé la joie en s'abandonnant à l'adoration. D’où l’importance de l’adoration.

En ces premiers jours de l’année je vous souhaite de découvrir ce Dieu qui vient rencontrer nos vides, panser nos pauvretés et raffermir notre fragilité, en un mot, le Dieu qui nous fait advenir à une véritable humanité.
Bonne fête de l'Epiphanie

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